Alors que Bibble vient de sortir une toute nouvelle mise à jour 5.2.3 de son puissant logiciel de traitement photo, on apprend que Corel sort à son tour son propre produit : AfterShot Pro. La ressemblance entre les deux n'est pas fortuite

Il faut souligner que la société BIBBLE a été récemment racheté par COREL. Dans la corbeille de la jeune mariée, COREL s'est vu offrir les potentialités de BIBBLE PRO qui ont donné naissance à leur dernier rejeton : "AfterShot Pro".
Un petit air de famille
Dès son lancement, on se retrouve sur une fenêtre standard, assez proche des autres logiciels de traitement photo : fond gris foncé, et un découpage fonctionnel classique avec la gestion des catalogues et des périphériques à gauche, l'affichage visuel au centre, et les paramétrages à droite. On apprend vite que tout cela est modifiable à loisir à partir du menu VIEW ou des icones situés en haut à droite de la fenêtre. Pour des raisons de confort, j'ai basculé en mode plein écran (icone en haut à droite). Comme je le disais précédemment, on n'est pas très dépaysé par l'interface. Les utilisateurs de Lightroom ou Bibble y retrouveront leur marque rapidement. Pas d'inquiétude.
J'insère une carte "compact flash" dans mon lecteur. Petite différence avec LR : la détection n'est pas automatisée. Je vais donc indiquer le répertoire à importer. je vous avoue avoir pas mal galéré à ce stade car deux menus semblent répondre à ce besoin. A plusieurs reprises, je me suis planté. Bref, j'arrive enfin à indiquer le dossier d'import en choisissant "Téléchargement...". La manipulation d'import qui impose la sélection de trois répertoires est à mon sens fastidieuse, voire même dangereuse.
Durant l'importation, tout se fait en aveugle. La copie des 1018 images JPEG et RAW de ma carte ainsi que la génération des aperçus se font en simultanée (Les process de mon dualcore sont exploités à fond !). Pour éviter cet occultisme, il faut penser à activer le catalogue et entrer dans le bon dossier pour voir les photos apparaitre au fur et à mesure.
L'affichage du catalogue est très rapide. La structure ressemble encore une fois à celle de LR : en clair, je retrouve une arborescence en sous-dossiers par catalogue puis gestion de date : classement par année puis un dossier par jour.
Seul hic : le sélection d'une année ne vous affiche... rien ! Il faut donc ouvrir chaque dossier "journalier" pour parcourir ses images. Etrange.
Le catalogue met aussi en évidence la distinction entre JPEG et RAW d'une même image. La notion de
Pile est présente mais désactivée par défaut. Il faut penser à passer par le menu Edition>Empliement... Malgré çà, je n'ai pas réussi à provoquer automatiquement l'affichage par pile, ce qui est assez problématique lorsqu'on shoote comme moi en RAW+JPEG. J'ai du zapper un truc. Mais quoi ?
Traitons ensemble !
La rapidité de l'affichage reste l'un des premiers points forts de CAS. L'accentuation (netteté) appliquée à l'image par défaut sur l'aperçu permet de faciliter le travail et reste un élément de valorisation (Lightroom est plus neutre à ce sujet). Je commence par jouer avec les "Préselections", des réglages prédéfinis inclus (Noir & Blanc, sépia, etc...). C'est rapide, efficace. Après avoir joué, je ré-initialise mes paramètres et là, zut ! Mon image effectue une rotation de -90°. Visiblement, il a oublié la rotation automatique incluse dans l'EXIF.
Bon revenons au principal. Trois modes d'affichage : catalogue, image + catalogue, image seule. Sur la droite, on retrouve en tête l'histogramme, puis s'en suivent les différents paramètres de correction classés par section.
Le rendu des couleurs par défaut des fichiers RAW est très correct. J'ai particulièrement apprécié l'outil de netteté, pas aussi paramétrable que celui de LR, mais d'une redoutable d'efficacité. De même pour l'atténuation du bruit. On peut par ailleurs utiliser en complément Noise Ninja en version Standard ou la version PRO, via une licence payante.
La
modification chromatique, que ce soit par teinte ou par correction de couleur, n'est pas facile à maîtriser. Je ne suis pas arrivé à retrouver mes marques et obtenir les variations que j'ai l'habitude d'obtenir dans mes clichés. Un manque de pratique probablement. De même que l'usage de l'outil courbe que j'ai trouvé beaucoup moins aisé qu'à l'accoutumé.L'usage de la récupération des zones claires ou sombres et bien présent, permettant ainsi d'exploiter au maximum les possibilités des fichiers RAW.
J'ai retrouvé une fonction puissante que j'appréciais dans BIBBLE :
Perfectly Clear®. Il permet d'obtenir automatiquement un réglage optimal de sa photo. Un savant dosage entre contraste, exposition et balance de blanc qui donne des résultats probants.
L'activation du module de
correction optique m'a laissé sur ma faim. Difficile de pouvoir affirmer s'il est efficace ou pas. Je n'ai pas eu la possibilité de le tester sur des photos nécessitant de grandes corrections (DXO reste un must en ce domaine). Sachez toutefois que le 85mm/1.4 EX DG HSM de SIGMA n'est - par exemple - pas reconnu. J'avoue ma déception alors que les imperfections sont plus évidentes sur de telles optiques que sur un 35mm/f1.4 NIKON ou encore un 50mm/f1.4 NIKON qui restent des optiques d'exception.
Via les calques de
nettoyage/clonage, on peut également effectuer quelques retouches comme la duplication de zone (correction de taches ou poussières par exemple) ou appliquer des réglages à des zones spécifiques de l'image.
Les fonctions d'application de réglages et de comparaison de version sont également présentes afin de faciliter le travail du photographe lors de son traitement. L'usage de la loupe ronde rappelle celle d'Aperture. Moi j'aime bien, même si cela fait parfois un peu gadget :)
Le classement des images se fait par marqueurs, étoiles, couleurs. Un attirail finalement assez classique. De même que l'ajout de mots-clés et la consultation et édition des EXIF.
Chacune des modifications est sauvegardée dans un fichier xmp, préservant ainsi le fichier d'origine et évitant l'encombrement des disques durs. Il faut ensuite passer par l'outil d'exportation (SORTIE) pour obtenir le résultat de l'image au format de son choix (JPEG, TIFF,...)
Pour conclure
Après une matinée d'utilisation, les résultats obtenus restent corrects. Pour 89 E (contre 300 E pour LR), cela permet à de nombreux amateurs, confirmés ou pas, de pouvoir éditer ses propres images RAW avec beaucoup d'efficacité. Pour un professionnel, la gestion du flux reste trop complexe et pas assez performante. Le catalogage probablement est l'un de ses points faibles.
Quoiqu'il en soit, pour une première mouture, le niveau est très prometteur. Il profite bien sûr de l'expertise engagée par ses prédécesseurs comme LR ou encore Aperture, et récupère au passage les fonctionnalités éprouvées de son grand frère BIBBLE.
Alors si vous souhaitez vous équiper d'un outil de traitement photos à moindre frais, alors Corel AfterShot Pro est fait pour vous. Foncez.
Produit COREL AFTERSHOT